bastien

 

Lorsque je pense au travail de Bastien Vivès je ressens une sorte d'admiration paradoxalement mêlée à beaucoup d'indignation. Comment un auteur peut-il écrire Polina ou Le goût du chlore, des récits d'une sensibilité extrême qui décrivent si finement les caractères féminins, les rapports sociaux et les rencontres amoureuses, et tenir un blog si puéril ou s'associer avec des auteurs sexistes et lubriques pour dessiner des héroïnes stéréotypées en combinaisons moulantes sur des motos surdimensionnées, images machistes dignes d'un magazine érotique masculin de bas étage?

 

filles

 

En effet, si vous faites un tour sur son blog (mais il faut vraiment que vous en ayez envie..) vous y découvrirez une facette de l'auteur qui ne le met absolument pas en valeur. Tout juste âgé de 30 ans, il passe aisément pour un ado pré-pubère attardé, fan de Dragon Ball, de foot et de Dick Girl (?!!). Le genre de personne que je n'aurais absolument pas envie de rencontrer...

Si vous vous ne connaissez pas encore cet auteur, ne vous amusez pas à parcourir son blog avant d'avoir lu Le goût du chlore, Dans mes yeux ou Polina, cela pourrait avoir un sérieux impact sur votre lecture.  Et oui, d'une manière générale, il est bien difficile de dissocier un auteur de son oeuvre mais avec Bastien Vivès, l'effort en vaut la chandelle étant donné la grande qualité des BD que je vous propose de lire ce mois ci.

polina

 

Dans les trois récits cités ci dessus, Bastien Vivès donne aux corps qu'il dessine une expressivité particulière. Les visages parfois imprécis mettent l'accent sur la posture du corps, sur son langage et sa puissance narrative.

C'est là la force de Vivès et c'est en adéquation avec cette géniale transcription des corps que ses histoires se déroulent autour de la danse, de la natation ou de la rencontre amoureuse, là où les corps évoluent dans l'espace pour le remplir et l'animer. En plus, pour notre plus grand bonheur, les procédés graphiques changent toujours : crayons de couleurs, encre de Chine ou colorisation sur ordinateur. Bastien Vivès renouvelle sans cesse son traitement graphique, toujours avec brio.

chlore

Quant au personnage central, il est souvent incarné par une jeune femme bercée de rêves et d'espoir, ambitieuse et téméraire, décrite avec énormément de douceur et de sensibilité. On croit instantanément en ses personnages qui ont en effet une présence et un réalisme indéniables.

Selon moi Vivès (l'auteur, pas le pré-ado qui dessine des super héros devant des matchs de foot) est une sorte de poète visuel, un auteur romantique qui raconte avec efficacité l'indicible magie de la recontre amoureuse ou de la réalisation d'un rêve d'enfant.

Et c'est peut-être grâce à la jeunesse de Vivès - il avait entre 24 et 27 ans lorsque sont parues chez KSTR* les trois BD dont il est question ici - que ses personnages dégagent autant de fraîcheur et de fougue.

En tous cas, ce qui est certain, c'est le bien vivifiant que procure la lecture de ces histoires, alors dansez, nagez, courrez vous procurer Le goût du chlore, Dans mes yeux et Polina, croyez-moi vous ne le regretterez pas!

danse

 

 Bonne lecture à tous et au mois prochain pour une nouvelle chronique BD!

 

Nelly.

 

PS de Géraldine : les photos de l'auteur trouvées via Goggle sont finalement à l'image de cette espèce de dédoublement de la personnalité, non?

bastien

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