Bon, voilà, je crois que je viens de lire le livre le plus NUL de ma vie. Non, en fait j'exagère... Le demi-livre le plus NUL, je n'ai pas réussi à passer la moitié. Donc j'ai également pour la première fois de ma vie, pas terminé un livre...

C'est le livre d'Isabelle Alonso "Roman à l'eau de bleu". Bon, déjà je n'aime pas particulièrement cette femme, mais ça ne signifiait pas forcément que c'est une mauvaise écrivain. L'idée (sur le papier) paraissait prometteuse : et si c'était les femmes qui étaient en position de force et les hommes le sexe faible? Que serait le monde si les rôles avaient été inversés? D'où le titre à l'eau de "bleu" au lieu de "rose", ce qui en fait aurait dû m'interpeler, vu je ne suis pas fan des romans à l'eau de rose.

Et donc naïve, cette dame étant une féministe notoire, je me suis dit que cela parlerait de ce que pourrait être le monde si les femmes l'avaient eu en main au lieu des hommes. Moins de guerres? De ce que pourrait être la France d'aujourd'hui si c'était des présidentes qui se seraient succédées, plutôt que nos éternels présidents. Quelles influences les valeurs féminines, la sensibilité féminine auraient eu sur la façon de gouverner? Bref, avec un petit parti pris je me disais que ce serait un livre qui parlerait d'un monde un peu meilleur si on avait laissé la part belle aux femmes.

Que nenni! En fait les femmes y sont comme sont les hommes (ou du moins l'idée grossière qu'on peut se faire d'un homme de base) et les hommes y sont comme les femmes (ou du moins l'idée grossière qu'on peut se faire d'une femme de base). Les femmes sont donc des obsédées sexuelles qui ne pensent qu'à mettre la main aux fesses masculines, et les hommes sont des pauvres cruches qui cherchent l'amour éternel, se font avoir de tous les côtés et se battent pour la mascunalisation de certaines fonctions (oui dans ce monde là on dit monsieur LA ministre, donc ils se battent pour qu'il existe un monsieur LE ministre. Pourquoi pas Madame? Je ne sais pas...).

Alors outre que c'est d'une écriture plus que pauvre, j'aurais plusieurs questions à poser à madame Alonso. Le message c'est quoi? Que dans la vie actuelle ce sont les femmes qui sont des quiches finies? Si les hommes de son livre sont à l'image de ce que sont pour elle les femmes dans la vraie vie il faut qu'elle quitte Chiennes de Garde illico presto. En tant que féministe est-ce le message qu'elle veut faire passer? Les femmes veulent être aimées pour ce qu'elles sont, des tartes, et réclament un pouvoir qu'elles n'ont en fait pas les capacités d'assumer? 

Alors dans le livre les hommes se maquillent et s'épilent (ce qui donnes des extraits d'un ridicule fini). Là encore je ne saisis pas bien le message. Le maquillage et l'épilation ça fait partie de la panoplie obligatoire du sexe opprimé? C'est le passage obligatoire pour savoir ce que c'est que d'être une femme? Dans un monde où les femmes se battent pour la parité, la justice, la reconnaissance de leur statut et de leur choix, des valeurs qu'elles portent et de la place immense qu'elles tiennent dans la société (qu'on veuille l'admettre ou non) et dans la famille, le maquillage et l'épilation sont-ils des arguments forts qui ont leur place dans le débat? Euh... à mon avis ce n'est pas vraiment le nerf de la guerre...

Alors on pourrait peut-être se dire que son message est que le pouvoir pervertit tout et que si les femmes avaient été à la place des hommes elles auraient tout fait pareil. Mais d'une part je pense que c'est aller un peu loin dans la réflexion, vu la piètre qualité d'écriture je ne vois pas une telle ambition de la part d'Alonso, et d'autre part, quel intérêt???  N'aurait-ce pas été plus intéressant de faire l'exercice avec justement les spécificités de chacun?

Un seul passage m'a paru tout à fait bien, et en fait il s'agit d'une reproduction (un peu remaniée pour coller à son roman) d'un texte de Maurice Druon datant de 1997. Je me disais aussi...

Un détail qui a (peut-être) son importance : j'ai lu la permière mouture du livre (qui était son premier!) et ils en ont ressorti une version remaniée en 2012 (allez comprendre...).

Bref vous avez compris : NE LISEZ PAS CE LIVRE!

  

 

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