Il est deux coqs en Afrique qui courent depuis longtemps et que l'on croise souvent. J'ai appris dernièrement pourquoi ils se poursuivent, je vais vous en faire part, vous aurez donc l'explication quand vous les croiserez vous même.

L'histoire débute il y a quelques temps dans un poulailler africain. Disons plus clairement en Afrique, continent que l'on peut considérer comme un vaste poulailler étant donné qu'aucune poule et même quasiment aucun animal ne vit en cage. Le zoo de Kinshasa a été déserté de ses animaux, il ne reste plus, je crois, qu'une pauvre hyène, haletante derrière ses barreaux sur une île au centre du lac Victoria. Une île qui n'est guère fréquentée par les humains car dès que l'on y met le pied on aperçoit la cage d'un lion dont la porte est clairement ouverte.

Donc dans ce vaste poulailler on comprend la haine qu'a pu accumuler un pauvre chef de basse-cour, attaché à un acacia. Cette peine lui avait été affligée à cause de ses excès de chants dans la ville de Saloulou aux confins du Sénégal et de la Guinée Bissau. Cette ville a vu alors sa population de coqs augmenter considérablement (des prétendants à la basse-cour) et tous ces mâles charmeurs chantent à tue-tête toute la journée et toute la nuit, si bien qu'aujourd'hui il est impossible de fermer l'œil à Saloulou. C'est également la raison pour laquelle le coq a été libéré, ses chants se perdant dans la masse. Mais pendant son supplice, alors qu'il se débattait pour se détacher de son acacia, un autre coq, plus discret et surtout plus libre n'eût de cesse d'embêter la pauvre bête en prise avec un mauvaise corde. Il lui picorait la tête, lui faisait des grimaces et lui tirait la crête. On comprend pourquoi alors, le coq libéré de son arbre et chargé de rancœur se mit à la poursuite de l'imbécile qui n'avait cessé de le tourmenter. L'histoire s'achève là, les deux coqs courent encore...

Voici donc en illustration nos deux amis, vous les reconnaitrez facilement quand vous les rencontrerez.

Vous reconnaîtrez donc notre héros au cas où vous le croiseriez, aucun doute, il a encore un morceau de corde attaché au pied!

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Notre second protagoniste, un fin coureur!

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Plus contextuel, un africain qui abat sa somme journalière de travail

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Admirez la technique digne d'un championnat olympique de nos sportifs à crête : quelle grâce, quelle maîtrise du dérapage!

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Alors que l'homme ouvre tout grand ses yeux et s'agite...

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...notre martyre vide son sac devant son ennemi lequel, impassible, vient d'oublier subitement la raison de toute cette agitation

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Mais tout d'un coup ça lui revient, alors il se fâche à son tour et envoie un coup de pied retourné (bien esquivé cependant) sous les acclamations du public africain que l'on a rarement connu plus enthousiaste

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Finalement, pas fier de son coup, il repart à toute allure et court encore à l'heure où je vous parle. Déjà les yeux du spectateur se referment...

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Après toute cette agitation le calme revient à Saloulou où tout le monde retourne à son activité quotidienne...

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